| Le Sculpteur d'Hoëdic |
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| Français | |||
| Scritto da Jouvelot Frédéric | |||
| Giovedì 08 Luglio 2010 11:26 | |||
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Le Sculpteur d'Hoëdic La mer ondulait et le vent soufflait fort, il déplaçait d'énormes cumulus d’un bout à l’autre du ciel. Parfois, l’un d’entre eux venait masquer le soleil et la température chutait brusquement, transformant la fraîcheur d’un instant en un courant d’air glacial.
A ses côtés, ignorant la température, une épaisse couverture marron, parfaitement pliée, jonchait sur un rocher. Entre deux clignements de paupières, elle observait ses gestes, des gestes larges et agités. Il changeait sans cesse de position, tournoyait autour d’un trou, comme un fou. Peu à peu, de ce trou s’élevèrent d’étranges reliefs, des formes diverses y poussèrent et d’autres s’écroulèrent, comme un monde en création, fait de chamboulements incessants. Les mouvements du jeune homme entamèrent une nouvelle cadence, ses mains en délire se mirent soudain à danser une valse délicate et ses doigts semblèrent pianoter sur un trésor mystérieux.
La femme rousse débordait de curiosité. Elle se releva péniblement et ramassa sa grande serviette enfouie dans le sol. Profitant d'une rafale de vent, des grains de sable agrippés se libérèrent de la serviette et volèrent au loin. Au loin, la plainte étouffée d’un vieillard surgit puis disparut aussitôt, emportée à son tour par une nouvelle rafale. Elle s’enroula la serviette autour de la taille et vêtue de cette robe improvisée, elle entama une lourde marche vers le jeune homme.
Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu'elle arriva à sa hauteur, lorsqu'elle découvrit le corps d’une jeune et belle femme sculptée dans le sable. Ses dimensions étaient parfaites, ses bras fins longeaient un corps nu et mince, ses longues jambes étaient lisses comme du bois poli, ses cheveux entremêlés s’étendaient autour de son visage, doux et frais comme celui de la jeunesse; ses lèvres étaient agressives, son nez égyptien et ses yeux paisiblement clos.
Elle récupéra ces affaires, se chaussa et se dirigea vers une dune à moitié écroulée. Elle l'escalada, l'affaissant encore plus sous son poids, puis, elle plaça son sac sous un bras, fit quelques mètres pour rejoindre un sentier sauvage et elle se retourna. Le jeune homme était toujours là, mais plus au même endroit, il s'était déplacé; elle l’aperçut assis sur des rochers, face à la mer. Ne sachant trop quoi penser, elle reprit sa route vers le village. Au bout du sentier, des toits en ardoise brillaient, on aurait dit des toits argentés.
Le jeune homme se mit debout et retira ses vêtements; il saisit la couverture, la déplia et enveloppa leurs deux corps nus avec. Leurs lèvres tremblaient et regorgeaient de désir, ils s’embrassèrent. Au dessus d’eux, les étoiles scintillaient; au loin, le chant d’une cloche résonnait.
Aussi vite que le font les bons moments, lorsque le temps et l’espace n’ont plus d’importance, les étoiles et cette nuit bercée de soupirs filèrent. Au petit matin, la mer et ses vagues s’étaient retirées. Alors que le soleil éclairait de nouveau le monde, comme des comiques rentrant sur scène, des tourteaux sortirent de leurs cachettes pour saluer le jour.
Les premiers ramasseurs de coquillages firent leur apparition. Parmi eux, la touriste obèse, coiffée d’un gigantesque chapeau de paille, marchait un seau à la main. Elle s’approcha de l’endroit où la veille, une femme était née des mains d’un artiste. Mais il n’y avait plus rien, la plage était vierge, la mer avait tout effacé. 2010-07-08
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| Ultimo aggiornamento Giovedì 08 Luglio 2010 12:06 |





